Qu’alors y faire ?

(Jacques Adnet , 16 avril 2020)

La question n’est pas « que va-t-on faire au sortir de la crise du corona virus ? », « que va-ton faire après ? ».

La question est « que devons-nous faire, quel système défendre et mettre en place, dès aujourd’hui et de façon urgente, pour combattre une autre crise, celle englobant la crise climatique mais aussi toutes les autres, la crise environnementale, la crise énergétique, etc. Cette crise globale qu’affronte aujourd’hui notre civilisation productiviste. De plus, cette crise, contrairement à celle du covid-19, ne porte pas en elle sa solution. Une épidémie, on sait qu’elle finira après quelques semaines ou quelques mois.

La question aujourd’hui, c’est que devons-nous faire, quels changements radicaux devons-nous apporter, que devons-nous exiger des politiques et des décideurs. Que devons-nous encore accepter et que ne pouvons-nous plus accepter dès aujourd’hui.

Corona virus ou pas, les questions sont là et les réponses doivent y être aussi de toutes urgence. Les réponses théoriques comme les réponses concrètes.

Tout cela s’applique, dès aujourd’hui et entre autres a fortiori à la sortie de crise covid-19, mais est bien plus fondamental.

Le regard doit être braqué sur la crise existentielle et vitale de notre société et pas simplement sur, l’après covid-19.

A propos de cette crise globale, il est un aspect qui me frappe depuis un certain temps et qui perdure aujourd’hui encore dans le discours.

On parle énormément des dérèglements climatiques, et à juste titre. Par contre on parle beaucoup moins d’autres dérèglements tout aussi importants et tout aussi inquiétants pour l’avenir de notre société, pour nous même et pour nos enfants.

C’est certes une bonne chose que la problématique du dérèglement climatique ait la cote. Bien sûr on prend conscience également des problèmes de pollution ou des problèmes de raréfaction des ressources mais il est utile de regarder en face la liste des domaines, des systèmes en déséquilibre. Pour chacun d’eux, les voyants sont au rouge, comme pour le climat.

On peut se dire que si même il n’y en avait qu’un, la situation serait critique pour notre avenir. Or, ils sont une dizaine.

Sans entrer dans trop de détails je vous les cite de tête.  Peut-être oublierai-je quelque chose, mais on pourra encore rectifier par la suite.

  1. Déséquilibres systémiques écologiques
    1. Dérèglement climatique
    2. Croissance de la pollution (de l’air, des sols, des eaux, des animaux, de nos corps…)
    3. Baisse de la fertilité des sols, diminution des espaces cultivables disponibles
    4. Raréfaction de grand nombre de ressources naturelles
    5. Crise énergétique (les énergies nouvelles n’ont jamais été des énergies de substitution mais ont toujours alimenté une partie de la croissance de la demande)
    6. Diminution de la biodiversité, cinquième extinction des espèces extrêmement rapide
  2. Déséquilibres systémiques sociaux
    1. Détérioration de la santé mentale, burnout, stress, manque de temps
    2. Détérioration de la santé physique, malbouffe, obésité etc.
    3. Disparition classe moyenne inférieure (robotisation), dualisation de la société
    4. Crises migratoires, migrants politiques, migrants économiques, migrants climatiques
  3. Déséquilibres du système économique
    1. La finance a pris le pas sur l’économie (inversion de l’imbrication des systèmes : l’Homme a pris le pas sur la Nature, càd le social a pris le pas sur l’environnement, ensuite l’économie a pris le pas sur le social, par exemple, ensuite la finance a pris le pas sur l’économie, alors qu’en réalité la finance est un sous-système de l’économie, l’économie est un sous-système du social et le social un sous-système de l’écologie.
    2. Confusion entre travail et emploi : un travail n’est considéré que s’il y a « emploi », la robotisation chasse l’emploi donc le travail

En matière de déséquilibre et d’équilibre, on ne peut passer sous silence l’extrême fragilité de ce qu’on appelle l’équilibre de la terreur. Bien qu’on n’en parle peu ou pas, de l’avis de certains experts, l’arsenal militaire nucléaire est aussi, si pas plus important et diversifié que durant la guerre froide. A la complexité technique, organisationnelle ou décisionnelle s’ajoute le fait que ces arsenaux sont parfois bien moins entretenus ou surveillés. Ils se retrouvent également dans des mains de plus en plus nombreuses. Le risque d’apocalypse est loin d’être négligeable.

Tous ces déséquilibres trouvent leur origine dans l’action de l’Homme. Si l’impact de l’Homme s’est fait sentir dès les origines, il est, nous le savons, plus important encore depuis la révolution industrielle. De plus cet impact continue de croître, à l’image de son système économique, basé sur la croissance de la production (PIB) et donc sur le développement exponentiel.

A la fois les systèmes s’emballent dans leurs déséquilibres, et à la fois le système impactant les autres, càd notre système de production, se développe de façon exponentielle et a donc, par nature, un effet toujours plus grand.

C’est donc sur le système économique qu’il faut agir et qu’il faut radicalement revoir.

La question est bien sûr, comment et que pouvons-nous vraiment faire. C’est là suite du débat.

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