15 milliards d’euros pour la filière aéronautique en France

(ACTU-ENVIRONNEMENT, Rémi Pin,9 juin 2020)

Extraits

…Le ministre de l’Économie et des finances, Bruno Le Maire, a décrété « l’état d’urgence pour sauver notre industrie aéronautique », et a annoncé, ce mardi 9 juin, un plan de soutien massif à la filière qui représente « un effort total de 15 milliards d’euros de la Nation »

Il vise à éviter les suppressions d’emplois dans l’attente d’un retour à la normale, et ambitionne de faire des acteurs du secteur, des pionniers du transport aérien zéro carbone.

Retour à la normale dans 2 ou 3 ans

…Les annonces étaient particulièrement attendues par toute la filière, qui représente 58 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, et pèse 200 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects.

…Le retour du trafic aérien à ses niveaux de décembre 2019, objectif affiché, n’est pas attendu avant deux ou trois ans.

« Sauver les emplois, transformer les entreprises »

« Si nous n’apportons aucune aide publique immédiate, plus de 100 000 emplois du secteur aéronautique seraient menacés dans les six mois » selon le ministre. Le premier objectif de ce plan est donc de « sauver ces emplois », …

Pour éviter les annulations et les reports de commandes d’avions, le Gouvernement accorde aux compagnies aériennes un moratoire sur le remboursement de leur crédit à l’exportation. « Toutes les compagnies aériennes pourront reporter ces remboursements de douze mois, soit un gain en trésorerie de 1,5 milliard d’euros »

Le Gouvernement souhaite également « accélérer la transformation des PME et des ETI du secteur », en modernisant les chaînes de productions et en les rendant plus compétitives. Un fonds d’un milliard d’euro va être créé, financé par l’État et par quatre géants du secteur : Airbus, Safran, Thalès et Dassault.

Devenir leader de l’aviation zéro carbone

Des engagements du secteur sont attendus en contrepartie de ce plan de 15 milliards d’euros. « Le fil rouge de la relance sera la décarbonation de l’industrie », précise Bruno Le Maire.

Dans ce plan de soutien, 1,5 milliard d’euros seront consacrés, sur trois ans, à la recherche et au développement par l’intermédiaire du Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC). Trois cents millions d’euros seront alloués dès 2020. Objectif : parvenir à un avion neutre en carbone en 2035, au lieu de 2050, « grâce aux moteurs à très haut taux de dilution, et à l’hydrogène ».

Le plan de soutien vise également à proposer, d’ici 2030, un successeur à l’A320 qui consomme 30 % de moins que les appareils actuels, et 100 % de biocarburants. Sont attendus également de nouveaux appareils régionaux « ultrasobre et hybride électrique » o « ultrasobre et alimenté à l’hydrogène » en service en 2030, et un successeur à l’Écureuil, hélicoptère d’Airbus, lui aussi plus sobre énergétiquement.

Des contreparties pour Air France

Ce plan de 15 milliards d’euros devrait intégrer une partie des 7 milliards d’euros déjà accordés à Air France. La compagnie devra, en renouvelant sa flotte auprès d’Airbus, réduire de 50 % les émissions de CO2 des vols métropolitains au départ d’Orly et de région à région d’ici la fin 2024. Autre contrepartie demandée par le Gouvernement et rappelée par Élisabeth Borne : « réviser le périmètre du marché domestique avec la réduction des vols régionaux, dès lors qu’il existe une alternative ferroviaire inférieure à 2 h 30 ». Air France-KLM doit détailler prochainement les moyens mis en œuvre pour répondre aux attentes de l’État, dans un plan complet permettant à la fois de rendre la compagnie plus viable et plus écologique.

Qu’en penser ?

Un plan de soutien et des contreparties qui peinent à convaincre Greenpeace France. « Le Gouvernement continue à se voiler la face sur l’essentiel : réduire le trafic aérien est indispensable pour vraiment baisser les émissions de gaz à effet de serre du secteur et lancer une véritable transition écologique, explique l’ONG dans un communiqué.

L’ONG déplore des contreparties environnementales « floues, peu ambitieuses, voire carrément problématiques », et des milliards d’euros d’aides annoncés pour les secteurs aéronautique et automobile, mais « toujours zéro pour la relance du ferroviaire ».

REFERENCE :

https://www.actu-environnement.com/ae/news/plan-aerien-filiere-aeronautique-decarbonation-

VOIR AUSSI LA REACTION DE FRANCIS CHALOT        ( From Fesse de Bouc) :

On retombe sur les mêmes vaines discussions et impasses que pour la bagnole: la question ne peut pas être seulement d’arriver à des engins plus sobres, utilisant des biobidules (pffff !). Elle doit être aussi d’utiliser MOINS et à BON ESCIENT (notez, de grâce: j’ai pas dit « plus du tout »…et je ne répondrai à aucun de ceux qui viendront me dire: ah mais faut bien des voitures dans tel cas, des avions dans tel autre. Oui, je n’ai jamais dit le contraire).

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