TECHNOLOGIES DE TRANSITION ET METAUX

C’est évident …et pourtant

(Photo: Philippe Wirtgen)

Extraits d’une carte blanche de Géraldine Duquenne (publiée dans LLB du 2-09-2022)

Le système énergétique de demain, reposant sur des éoliennes, des panneaux solaires, des batteries et des réseaux d’électricité est dépendant de nombreux métaux. Lithium, cobalt, nickel et manganèse pour les batteries, terres rares pour les éoliennes et véhicules électriques, cuivre pour les panneaux solaires et les réseaux électriques.

.. il est probable que l’offre en métaux ne soit pas à même de suivre le rythme en croissance rapide de la demande. Pour développer les technologies nécessaires à un scénario zéro net émissions en 2050, six fois plus de métaux seront nécessaires d’ici à 2050 (1).

Des chaînes fragiles

Plusieurs éléments représentent des sources de préoccupation. La concentration de certains minerais dans un nombre limité de pays en est une. Il en va ainsi du cobalt qui est produit à près de 70 % par la RD Congo. Même chose pour le lithium produit à plus de 50 % par l’Australie et environ 25 % par le Chili. Environ 60 % des terres rares sont produites par la Chine.

 La concentration des minerais

Un autre risque important concerne la diminution de la concentration des minerais riches en substances métalliques, pouvant ralentir la transition énergétique. Cela signifie que l’on trouve moins de minerais riches dans une tonne de roche aujourd’hui qu’il y a 100 ans (2). Les meilleurs gisements ont, pour la plupart, déjà été exploités. Cette baisse avérée pose de nombreuses questions en matière de coûts de production, d’émissions de CO2 et de génération de déchets. En effet, moins un minerai est concentré, plus il faut investir d’énergie, d’eau, etc. pour en récupérer la quantité souhaitée

Le recyclage peut être une source importante d’approvisionnement et une manière de réduire les impacts sur l’environnement mais il ne doit pas être idéalisé. La collecte des objets est encore imparfaite tout comme l’extrême complexité de nombreux objets électroniques qui rend difficile la séparation des matériaux.

Des impacts non négligeables

Bien que la production de minerais soit moins émettrice de gaz à effet de serre que celle des énergies fossiles, elle implique d’autres impacts non négligeables tels que la perte de biodiversité, des perturbations sociales liées aux changements d’affectation des sols, pollution de l’eau, de l’air, contaminations liées aux déchets, corruption, violations des droits humains, etc.

L’indispensable sobriété

Parmi les options évoquées pour limiter notre dépendance aux ressources non renouvelables, dont les métaux, la diminution de la demande et les changements de comportements seraient une solution simple et efficace. Le mot sobriété apparaît de plus en plus dans l’actualité, notamment en lien avec la guerre en Ukraine, mais il n’est pas encore endossé comme un vrai projet de société. Le concept reste à la marge des politiques publiques.

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 (1) AIE, Le rôle des minerais critiques dans les transitions énergétiques propres, mai 2021.

(2) La concentration des mines d’or en Australie est passée de 20 grammes par tonne de roche à moins de 5 grammes en l’espace d’un siècle.

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Source : https://www.lalibre.be/debats/opinions/2022/09/02/demain-aurons-nous-encore-assez-de-metaux-pour-faire-face-a-nos-besoins-6ICMIIXOQ5HJ7JNGHANXJDVSRM/

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