COP 27 sur le Climat : Tout ça pour ça ?

Une COP sur le Climat s’achève, une de plus, 27 COP déjà !!! Si  à celle-ci on ajoute la 15è COP sur la Biodiversité (CBD) (qui aura lieu de 7 au 19 décembre 2022 à Montréal), et les COPS sur la Désertification (CCD), on obtiendra un nombre impressionnant de voyages, négociations, stress et paperasses. Et surtout beaucoup d’émissions de CO2 et des sommes incroyables de dollars dépensées.

Jusqu’il y a peu de temps, les COPs passaient inaperçues et étaient essentiellement « suivies » par « le monde de l’environnement », fonctionnaires nationaux et internationaux et ONG. Ce n’est que très récemment que Monsieur/Madame tout-le-monde ont découvert les COP.

Le mérite de cette « vulgarisation » revient en partie aux média qui, ces dernières années, et en particulier en 2022, ont martelé et rappelé sans cesse les effets du changement climatique et l’avenir qui nous attend si rien n’est fait. IL est intéressant de constater que beaucoup des arguments avancés par les médias pour alerter le public sont les mêmes que ceux utilisés par les ONG environnementales il y une trentaine d’année. Comme quoi il faut se trouver au bord du gouffre pour comprendre la nécessité de réagir …..   

Maintenant que la COP 27 est finie, les experts de tout bord expriment leur déception face aux résultats. A vrai dire, peu d’entre eux espéraient grand-chose de cette COP organisée par un pays producteur et exportateur d’hydrocarbures voulant en même temps parler au nom des pays les plus pauvres (surtout de l’Afrique) et limitant de manière drastique les manifestations publiques autour de la COP sur place et au-delà.

A Sharm el Cheikh un des challenges était d’éviter que l’on revienne sur des décisions acquises dans les précédentes COPs. Ainsi la proposition de l’Egypte d’augmenter la température moyenne maximale de la Terre à la fin du siècle au-delà de 1,5° a failli créer un incident diplomatique avec l’UE qui a menacé de se retirer si cela devait être accepté. Heureusement on a conservé l’engagement précédent[i].

Un autre challenge, et de taille, était celui de mettre en place un mécanisme pour venir en aide aux pays pauvres subissant les effets d’un changement climatique dont ils ne sont pas responsables. L’idée de créer un fonds avait était évoquée lors de COPs précédentes mais n’avait jamais réussi à passer …. Après des longs et difficiles débats les participants se sont enfin mis d’accord sur la mise en place d’un fonds de compensation qui serait alimenté par les pays riches…. Le problème est que le flou est total concernant « les détails » de sa mise en route: quand et comment va-t-il se faire? Et qui seront les pays bénéficiaires et qui les contributeurs ? Des questions bien difficiles à résoudre qui nécessiteront, notamment, une redéfinition des notions de « pays riches » ou de « pays en développement » (la Chine cumulant les deux catégories !!)

Et si le seul résultat positif, la seule avancée de la COP 27 a été la création de ce fonds de compensation on se demande vraiment s’il fallait « tout ça » pour ça ?

Quelques idées et propositions pour la suite:                                                                  

Diversifier les procédures et élargir le nombre des donateurs au fonds de compensation 

Tel qu’il a été annoncé, le fonds serait alimenté par les pays riches membres de la Convention. Mais cela ne suffira pas, les budgets des gouvernements occidentaux sont dans le rouge notamment pour pallier aux effets catastrophique de la crise énergétique et de la guerre en Ukraine. On imagine mal qu’ils puissent libérer à court terme des fonds suffisants.  

Il faudrait donc aller chercher ailleurs, trouver des donateurs parmi les milliardaires de la planète et parmi les banques, les grandes compagnies multinationales ou les compagnies pétrolières qui eux se sont fait représenter (parmi les lobbyistes) à la COP 27 en contribuant (sans doute) à son échec. Une taxe sur leurs surprofits pourrait être envisagée.

Quant à l’accès des pays pauvres au fonds, on pourrait imaginer de combiner les dons (pour les plus démunis) avec des prêts à taux réduit (pour les pays à faible revenu). Les pratiques dans ce domaine ne manquent pas et pourraient servir d’exemple, notamment les fonds de développement relatifs à des continents (des Banques Régionales de Développement (Amérique Latine, Afrique, Asie) ou à des instruments de coopération (Convention de Lomé).

Se servir des technologies du XXIè siècle pour changer d’approche

L’approche des COP est totalement obsolète. Elle s’inspire de la Conférence de Rio (1992) et d’autres grands rassemblements qui l’ont précédée.   Ces grandes « messes » sont inutiles. Les technologies de la communication ont tellement avancé que l’on peut travailler, communiquer et prendre des décisions sans bouger de chez soi, sans gaspiller du carburant et sans polluer la planète. L’expérience du confinement et l’essor actuelle du télétravail le confirment.  

Saisir l’occasion de ce (presque) échec de la COP 27 pour changer enfin les NU  

Le discours d’ouverture du Secrétaire General des NU, Antonio Guterres, a marqué les esprits. Guterres a par la suite joué un rôle actif remarquable pendant le COP 27 qui montre à quel point la crise climatique et environnementale lui tiennent à cœur.   Peut-être que la rénovation des structures de l’ONU, tant attendue et si nécessaire pourrait commencer maintenant sous l’impulsion de son Secrétaire General actuel ?

Faire évoluer le mode de fonctionnements des Conventions

Maintenir en place des Secrétariats différents pour chacune des Convention de Rio (Climat, Biodiversité, Sècheresse/Désertification) est couteux et inefficace puisque leurs cibles sont intimement liées. Un seul Secrétariat « unique » doit être crée qui travaillerait en continu et en coordination avec d’autres agents onusiens, nationaux et internationaux. Ce serait le cadre idéal et nécessaire à la mise en place immédiate d’actions de lutte contre la crise climatique, la protection de la Biodiversité et la protection de la planète.

Il n’y aurait plus qu’un « fonds de compensation » commun aux trois Conventions de Rio[ii] ! Il n’y aurait plus de COPs à proprement parler, plus d’échéances à terme d’un an ou deux mais des contacts suivis entre tous les acteurs.   

Maintenir les contacts en présentiel mais autrement

Se rencontrer pendant et en marge des réunions restera toujours utile et nécessaire. Des moments d’échanges en présentiel pourraient avoir lieu mais seulement lorsque cela sera nécessaire et de manière décentralisée, par exemple au niveau des pays/régions ou des continents au grand maximum.  

Les grandes « messes » politiques des COPs actuelles devraient disparaître mais, en échange, les sujets climatiques et environnementaux seraient abordés de manière systématique à chaque fois que « les grands de ce monde » se réunissent (G20, G7, Davos, Assemblées Générales des NU etc.) tout au long de l’année, chaque année.  

Conclusion

La COP 27 est passée, le G 20 est arrivé et fini ; surtout, la Coupe du Monde au Qatar est là !!! Les grands évènements défilent à toute allure, les media suivent l’actualité et oublient…

Oublié le Climat, la Biodiversité[iii], la survie de la Planète…Welkom l’exploration de l’espace, la course aux armements, la guerre.  Pourtant les besoins des humains n’ont jamais été aussi élevés et urgents, et nous n’avons jamais été aussi proches de l’effondrement.  C’est vraiment affligeant.

Il est certain que la mise à neuf des Nations Unies, et l’implication « vrai » des grands de ce monde n’auront pas lieu sans un coup de pouce de la société civile. Tant au niveau personnel que collectif, nous avons tous la possibilité d’agir et de militer pour que le monde change vite, maintenant.  Aux marches, pétitions et autres moyen « classiques » s’ajoutent aujourd’hui les actions non violentes de de désobéissance civile, probablement le moyen le plus efficace au point où nous en sommes ! 

PA / 2 décembre 2022


[i] Même si dans les fait cela paraît irréaliste vu l’évolution actuelle des menaces sur la planète

[ii] La création d’un fonds de compensation pour la Biodiversité est aussi à l’agenda des pays pauvres participant à la COP 15 Biodiversité à Montréal  …

[iii] COP 15 Montréal du 7 au 19 décembre :

https://www.unep.org/fr/conference-des-nations-unies-sur-la-biodiversite-cop-15

2 commentaires sur « COP 27 sur le Climat : Tout ça pour ça ? »

  1. Article bien intéressant et clair.
    J’ai aimé les pistes constructives concrètes.
    Je crois aux «  petites graines » semées pour «  ouvrir » le Monde au respect de chacun(e) et de la Terre.
    Pour se mobiliser il faut rester positif.

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